Ecrire à quelqu’un

Il y a beaucoup de manières différentes d’écrire. Pour ma part, j’ai réalisé que lorsque j’écris, je suis toujours en train de parler à quelqu’un. Cela peut être une personne précise à laquelle je pense ou un public imaginé, un interlocuteur fictif, mais je suis toujours en train de m’adresser à une personne qui, peut-être, m’écoute.
Je ne ressens pas le besoin de tenir un journal qui ne parlerait que de l’intime ou d’écrire sur des ressentis qui ne seraient qu’une façon d’exprimer des émotions sans lien avec le monde extérieur. Cela vient peut-être du fait qu’en tant que chanteuse, j’ai écrit les paroles de chansons qui devaient être présentées à un public que je pouvais voir devant moi, de façon très concrète. J’ai toujours ressenti une sorte de responsabilité quant au contenu de ce que je donne aux gens qui m’écoutent. Le fait de pouvoir observer instantanément sur des visages les réactions aux mots que je prononce a certainement renforcé mon désir de transmettre des messages réfléchis, portés par une réelle intentionnalité.

Je peux ressentir le besoin d’écrire quelque chose d’intime un jour de découragement ou de peine pour me sortir psychologiquement d’un ressenti désagréable. Mais je n’ai pas envie de partager ce genre d’émotions avec celui qui m’écoute. Sauf si, éventuellement, je peux trouver un moyen de transcender une émotion négative vers quelque chose de positif.

En d’autres mots, je ne peux pas écrire un album de douze chansons parlant d’une dépression après une rupture sentimentale. Certains le font avec beaucoup de talent. Pour leur public cela peut même constituer un exutoire, une façon de traverser une émotion négative pour la dépasser. Mais moi, je ne peux pas. Je crée dans la joie du mouvement vers l’autre et je n’ai jamais envie de communiquer ma dépression éventuelle vers l’extérieur.

Je me souviens d’une peinture que j’ai réalisée après un deuil particulièrement difficile. La douleur et la colère étaient tellement fortes que j’avais besoin de les sortir de mon corps et de mon esprit. J’ai fixé une immense feuille de papier sur le mur du salon, j’ai sorti les couleurs et j’ai peint pendant trois jours sans m’arrêter. Quand le tableau a été terminé, je l’ai regardé une bonne fois « dans les yeux ». Il contenait tellement d’amour, tellement de fureur et tellement de chagrin. J’étais épuisée et calme. L’acte artistique avait accompli son travail de catharsis. J’avais sué la douleur hors de mon âme; j’avais débarrassé mon coeur des émotions qui le mettaient à terre. J’ai décroché la feuille du mur et l’ai déchirée. J’ai jeté les morceaux de papier en remerciant l’élan créateur qui m’avait soignée. Mais jamais je n’aurais pu partager cette peinture avec qui que ce soit. Il n’y avait rien d’elle que j’aurais souhaité partager.

Ma façon d’écrire répond à cette envie de partager le meilleur de ce que je peux offrir au monde : de l’espoir, de la clarté, de la réflexion, du mouvement, de l’élan de vie. Et si possible un peu (ou beaucoup) de joie!

Ce blog est donc peut-être bien un journal, mais un journal de pensées et de réflexions qui désirent aller vers le lecteur. La plus juste description serait certainement de dire qu’il s’agit d’un recueil de lettres adressées à ceux qui ressentent l’envie de me lire et de partager un moment de réflexion ou de création avec moi.

Soyez donc les bienvenus chez moi…!

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